-tion


-tion

⇒-TION, -SION, suff.
Suff. issu du lat. -tionem, entrant dans la constr. de nombreux subst. fém. qui expriment une action ou le résultat de cette action.
Rem. D'apr. DUB. Dér. 1962, p. 31, la forme fondamentale du suff. est -tion avec les var. -sion, -ssion, -xion, -ation, -ition, -ification, -isation, -faction. V. la discussion et la remise en question de ce découpage proposées par A. DI-LILLO (Morphol. des noms en (-t)-ion du fr. ds Cah. Lexicol. 1983 n° 43, pp. 117-118) qui préfère délimiter ainsi cet élém.: (-t)-ion, et conclut que la seule var. disponible est -ation (et, dans une moindre mesure, -cation). 2. Les termin. en -sion se trouvent dans des empr. de mots lat. en -sionem. 3. Les formations en -efaction (à partir de verbes en -efier) sont peu nombreuses (infra A 1 c). 4. Les formations les plus nombreuses sont celles en -isation (à partir de verbes en -iser) (infra A 1 d).
A. — [La base est un rad. verbal]
1. [Rad. d'un verbe en -er]
a) [Dér. en]
— [-sion/-tion] V. annexion, désertion.
— [-tion] V. adsorption (de adsorber), dilution.
— [-ation] V. accentuation, alimentation, arriération, association, aviation (de avier, verbe créé par convention), cassation, claustration, compartimentation (dér. s.v. compartimenter), concertation, décélération, décentration (dér. s.v. décentrer), déplantation (dér. s.v. déplanter), épellation, évaluation, filtration, implantation, installation, intrication, majoration, passation, pondération.
— [-gation]
♦ [Rad. en -ger] V. agrégation, centrifugation (dér. s.v. centrifuger), désagrégation, fustigation, lévigation.
♦ [Rad. en -guer] V. divagation, homologation.
— [-iation] V. annonciation, distanciation (du lat. distantia), renonciation.
b) [Rad. d'un verbe en -ifier; dér. en -ification] V. acétification, acidification, aérification, classification, complexification (dér. s.v. complexifier), décalcification, lubrification, massification (dér. s.v. massifier), nidification (dér. s.v. nidifier), opacification (dér. s.v. opacifier), ossification, planification, unification, vérification, vitrification.
c) [Rad. en -efier; dér. en -efaction] V. putréfaction, raréfaction, rubéfaction, torréfaction, tuméfaction.
d) [Rad. en -iser; dér. en -isation] V. alphabétisation, autorisation, cancérisation, climatisation, collectivisation (dér. s.v. collectiviser), commercialisation (dér. s.v. commercialiser), comptabilisation (dér. s.v. comptabiliser), décentralisation, étatisation (dér. s.v. étatiser), européanisation (dér. s.v. européaniser), généralisation, homogénéisation, lexicalisation, lyophilisation, mensualisation (dér. s.v. mensualiser), minéralisation (dér. s.v. minéraliser), miniaturisation (dér. s.v. miniaturiser), municipalisation (dér. s.v. municipaliser), optimisation (dér. s.v. optimiser), parcellisation (dér. s.v. parcelliser), polymérisation, pressurisation (dér. s.v. pressuriser), prolétarisation (dér. s.v. prolétariser).
2. [Formations partic.: rad. d'un verbe en -oir ou en -re] V. disparition (de dispar(aître)).
— [La base est lat.; dér. en -(t)ion] V. conduction (de conduire, par l'intermédiaire du supin conduct(um) de conducere), excrétion (de excretum, supin du lat. impérial excernere).
B. — [La base est un adj. ou un part.]
1. [La base est un adj.; dér. en]
— [-sion/-tion] V. inadéquation (de inadéquat, cf. équation), indécision (de indécis, d'apr. décision), indivision (de indivis, d'apr. division).
— [-ation] V. calorification (dér. s.v. calorifique).
— [-isation] V. nucléarisation (dér. s.v. nucléaire), officialisation (dér. s.v. officiel), professionnalisation (dér. s.v. professionnel), titularisation et aussi:
financiarisation, écon., néol. Pratique bancaire consistant à étendre les activités bancaires classiques à des activités nouvelles telles que l'intervention sur les marchés financiers, les recherches de placements immobiliers, la prise en charge des portefeuilles de la clientèle pour divers services. Cette diversification des grands établissements qui doit permettre à quelques petites banques d'affaires de venir jouer les trouble-fêtes aboutira à une financiarisation importante des profits, c'est-à-dire à une place accrue aux activités de services (Le Monde, 26 mars 1986, p. 34).
2. [La base est un part.; dér. en]
— [-sion] V. éclosion (de éclos).
— [-tion] V. comparution (de comparu), parution (de paru).
C. — [La base est un subst.]
1. [La base est fr.; dér. en]
— [-ation] V. alkylation (de alkyl(e)), maximation (de maxim(um)), nébulisation (de nébulis(eur)), nitratation (de nitrat(e)), nitration (de nitr(e)), sulfuration (dér. s.v. sulfure).
— [-ification] V. chylification (rem. s.v. chyle), chymification (de chyme), estérification (dér. s.v. ester1).
— [-isation] V. cartellisation (dér. s.v. cartel2), pollinisation (de pollen) et aussi:
conglomératisation (de conglomérat) , écon., néol. Fait de réunir différentes entreprises (offrant des produits ou des services) et de les regrouper aux mains du même groupe financier. Dans d'autres domaines, la conglomératisation peut présenter des aspects positifs. (...) Bâtir un groupe de communication globale permet d'offrir au client tous les services, et d'obtenir une meilleure rentabilité (Libération, 17 mai 1989, p. 21, col. 2).
sécuritisation (de sécurité) , écon., fin., néol. « Sécuritisation » et marché des « futurs » sont des processus irréversibles qui nécessiteront une adaptation non seulement des prêteurs à la complexité des transactions, mais aussi des politiques monétaires à la mouvance des agrégats (Universalia, Paris, Encyclopaedia Universalis, 1988, p. 198).
titrisation (de titre) , écon., fin., néol. Titrisation des crédits. Opération de prêts donnant lieu à une émission de titres. Le processus d'innovation (pour apprécier et matérialiser le risque) a pris deux formes: la titrisation des crédits les opérations de prêts donnant lieu à des émissions de titres et ne correspondant plus à la simple ligne de crédit (Universalia, Paris, Encyclopaedia Universalis, 1988, p. 196).
Rem. V. colorisation (dér. s.v. coloris), dér. irrégulier de ce subst.
2. [La base est lat.; dér. en -ation] V. musculation (dér. sav. du lat. musculus), nidation (du lat. nidus).
Vitalité. -(a)tio/-(a)tionem sert de termin. à un grand nombre de mots lat. exprimant une action. De nombreux subst. en -tion sont des empr. au lat. Sur le modèle de ces empr. au lat. on a ensuite formé de nouv. comp. fr. en -tion servant à désigner une action ou le résultat de cette action.
A. — Emprunts
1. Empr. au lat. Les analyses portant sur -(t)ion et sur les mots constr. avec ce suff. ignorent souvent les empr. au lat., comme acquisition, adoption, attestation, attribution, concision, contention, correction, corruption, décision, définition, démolition, dérivation, érudition, expulsion, formation, impression, inflation, insinuation, inspection, institution, instruction, introduction, invention, inversion, irritation, lésion, location, médiation, médication, modération, modification, négation, numération, obligation, obstruction, oppression, perception, percussion, permission, position, possession, précision, présomption, pression, profession, profusion, progression, promotion, prononciation, salutation. On a empr. des mots tout au long de l'hist. de la lang., d'apr. les attest. relevées: XIIe s.: action, apparition, appellation, circonscription, dérogation, disputation, élection, onction, pétition, pollution; XIIIe s.: altercation, assertion, audition, cognition, divination, exaction, exhortation, inclusion, propagation, transaction; XIVe s.: ampliation, connexion, déduction, expression, interpolation, nomination, opilation, pacification, perfusion; XVe s.: détestation, mitigation; XVIe s.: adduction, congélation, distorsion, exagération, irrigation; XVIIe s.: partition.
En partic.
♦ Empr. au lat. d'époque impériale: contradiction, dentition, destruction, discussion, dissection, distention, édition, équitation, érection, extension, fluctuation, imagination, ordination, précision.
Empr. au b. lat., au lat. médiév., eccl. ou scolast.: ablation, abstraction, accumulation, affabulation, attraction, complication, déception, discrétion, dispersion, infection, insertion, inspiration, insurrection, interruption, interversion, invasion, nutrition, objection, omission, prévention, protestation. Les empr. ont eu lieu tout au long de l'hist. de la lang.: XIIe s.: abomination, contrition, perdition, prédication; XIIIe s.: ablution, compromission, extorsion, inhibition, injonction, protection; XIVe s.: abnégation, abréviation, attrition, corrosion, déflection, diffamation, incision, intervention, perforation; XVe s.: corrélation, malédiction, perversion; XVIe s.: absorption, exacerbation, ingestion, intuition, mensuration; XVIIe s.: agglomération, détention, émersion, miction; XIXe s.: occlusion.
2. Empr. à l'angl. ou à l'anglo-amér. Ces empr., facilités par l'identité formelle, sont récents. À côté de exertion (XVIIIe s.), électrocution et minimisation étymol. a (XIXe s.), on note pour le XXe s.: acculturation, automation, cavitation, fission, récession (étymol. 3), réservation, supervision. Certains domaines sont bien représentés, comme la phys.: cavitation, fission. La fréquence de cet élém. en angl., tout comme -isme p. ex., favorise son ext.
3. Empr. à l'all.: introversion.
B. — Note sur -tio et -tion dans l'hist. de la lang., la concurrence ou la relation entre -tion et d'autres élém. ou entre les formes en -tion et d'autres formes. On compte dans nos fonds un ensemble de 6 000 formes env. se terminant par -tion, dont la plupart sont des empr.
1. -tion, -ment, -ance et -age
a) À travers l'ét. d'un gloss. lat. -fr. du XIIIe s. et lors d'une rétrospective sur le lat. vulg. puis de l'examen de textes littér. du Moy. Âge au XXe s., G. MERK (La Vitalité des suff. nominaux, du lat. au fr. ds R. Ling. rom. 1970 t. 34, p. 198) note la concurrence entre -tion, -ment et -ance: amonitio > amonition mais monitio > amonestance, exterminium > destruction mais exicium > destruiment. Au même suff. lat. correspond donc -tion ou -ance, -tion ou -ment. L'indifférenciation, l'équivalence ou neutralisation sém. des suff. dès le lat. médiév. (affectio/affectus, negotium/negotatio) est un fait gén. du lat. vulg. dès le IIIe s. et on trouve déjà des traces en lat. class. (G. MERK, ibid., pp. 200, 201, 222). L'ét. réalisée par G. MERK (ibid., p. 205) sur -ntia, -mentum, -tio, montre que c'est -tio qui, parmi les suff. concurrents étudiés (dans des textes de Cicéron à Saint-Augustin), a eu le plus de succès; même conclusion après une ét. de textes du Moy. Âge où -tion a progressé dans la lang. littér. en prose comme dans la lang. techn. aux dépens de -age, -ance et -ment. Ce suff. a continué à progresser dans la 2e moit. du XIIIe s. et au déb. du XIVe s. (ID., ibid., pp. 209, 210, 218).
b) Parmi les élém. finaux de noms d'action en fr., il faut citer -age, -ment et -tion, les deux premiers servant à former des subst. masc., le 3e des subst. fém. Un rapprochement est légitime sur le plan morphol. entre ces trois élém. qui complètent gén. tous trois des rad. de verbes en -er. D'autre part leurs valeurs d'empl. sont souvent très proches (v. p. ex. DUB. Dér. 1962, p. 28). Dans son ét. compar. sur les entrées et les sorties de vedettes ds Pt Lar. 1949 et 1960, DUB. Dér. 1962, p. 28 relève 99 entrées de formes en -tion et 112 sorties, 75 entrées de formes en -age et 121 sorties, enfin 41 entrées de formes en -ment et 132 sorties, ce qui montre la vitalité des formes en -tion par rapport aux autres formes de noms d'action.
c) Les formes en -age et -ation existent auj. et parallèlement à des verbes en -er, dans des mots de sens voisins: cassage/cassation, filtrage /filtration, finissage/finition, passage/passation.
2. a) -aison et -ation. Le suff. -ationem est entré en fr. par la voie pop. (oraison, venaison), puis par la voie sav. (formation, ordination, signification). Dès le XVIe s., -aison cesse de former de nouv. dér. et les formations pop. en -aison sont remplacées par des formations sav. en -ation: altéraison/altération, dérivaison/dérivation, formaison/formation (v. ce mot étymol.).
b) -aison, -ation et -ance. À ces deux premières formes, il faut ajouter -ance puisque l'on a relevé des parallélismes comme délivrance /délivraison/délivration, formance/formaison/formation ou comme convenance /convention, vacance/vacation (d'apr. A. FRANÇOIS, La Dés. ance dans le vocab. fr., 1950, p. 13), mais parmi lesquels les usages en -tion dominent largement (v. -aison et NYROP t. 3 1936, §§ 168, 298, 311, 342).
3. Relation entre -tion et -(a)teur/-(a)trice (v. -eur2 II).
4. Dér. suff. et dér. régressive. De nombreuses formes en -ation ont supplanté des noms d'action à suff. zéro: acuse/accusation, compense /compensation, consulte/consultation, dénonce/dénonciation, diffame/diffamation, exhorte/exhortation, interroge/interrogation, lamente/lamentation, relaxe /relaxation. G. MERK (op. cit., pp. 200-201) souligne la concurrence entre l'élém. suff. et le suff. zéro du subst. (gloriatio/gloria) dans l'anc. lang. On note auj. la coexistence de formes telles que consulte1 (vx, région., pop.)/consultation. Le cas inverse, où la forme en -ion est plus utilisée que la forme concurrente à suff. zéro comme disputation (vx)/dispute est beaucoup plus rare (d'apr. NYROP t. 3 1936, § 553).
C. — Note sur les dates de 1re attest. des formations en -tion. La latinisation se fait d'abord dans le subst., le verbe ne suivant que plus tard: digestio > digestion/digere > digérer; prepositio > préposition/preponere > préposer (d'apr. G. MERK, op. cit., pp. 208-209). Ces formations se font à toutes les époques. Nous ne prenons en compte ici que les formations les plus usuelles, à partir d'un rad. de verbe en -er: XIIIe s.: intrication; XIVe s.: désertion, évaluation, homologation, préconisation; XVe s.: cassation, claustration, fustigation, organisation, pondération; XVIe s.: aromatisation, cotisation, filtration, implantation; XVIIe s.: installation, ossification; XVIIIe s.: acidification, alcoolisation, civilisation, classification, déplantation, désagrégation, généralisation, lévigation, minéralisation, nidification, passation; XIXe s.: aérification, automatisation, aviation, centrifugation, champagnisation, chloroformisation, collectivisation, commercialisation, décentration, démobilisation, dilution, harmonisation, majoration, opacification, phosphorisation, polymérisation; XXe s.: adsorption, arriération, atomisation, cancérisation, climatisation, communisation, compartimentation, décélération, démultiplication, étatisation, homogénéisation, institutionnalisation, intériorisation, lexicalisation, municipalisation, néantisation, occidentalisation, planification, prolétarisation. Les formations suiv. sont parmi les plus récentes: à partir de 1950: complexification, comptabilisation, concertation, distanciation, dynamisation, lyophilisation, massification, miniaturisation, minimisation, nucléarisation, optimisation, parcellisation; à partir de 1965: bipolarisation (1967), féminisation (1965), mensualisation (1967), privatisation (1965). Notons une formation pop.: dégoûtation (XIXe s.).
D. — Note sur les usages spécialisés
1. Mots en -ification. On constate une régression de ces formations dans les domaines sc. À citer cependant sanguification (rem. s.v. sanguifier).
2. Mots en -isation. Bien que de nombreux termes relèvent du vocab. gén., la majorité des formations appartient aux vocab. des sc., des techn., de l'écon. ou de la pol. Elles représentent la plupart des néol. V. p. ex. bipolarisation (rem. 2 s.v. bipolaire), cartellisation (dér. s.v. cartel2), conglomératisation (supra C 1), financiarisation (supra B 1), sécuritisation (supra C 1), titrisation (supra C 1), titularisation (dér. s.v. titulariser). En revanche, on note la disparition de termes sc., en partic. dans le vocab. de la physiol. (p. ex. artérialisation, sinapsisation) (d'apr. J. LÜDTKE, Prädikative Nominalisierungen mit Suffixen im Frz., Tübingen, 1978, p. 121).
3. Les mots en -ification et -isation désignent souvent un changement d'état et/ou son résultat. Ils ,,ne cessent de se multiplier grâce à leur aptitude supplémentaire à se greffer indifféremment sur les verbes, les noms et tous les types d'adjectifs`` (B. QUEMADA ds Hist. des techn., 1978, p. 1197 [Encyclop. de la Pléiade]).
E. — Productivité enrichie par des compos. préf. La productivité de -(t)ion est indirectement enrichie par des compos., telles celles en auto-, co-, dé-, inter-, néo-, non-, post-, pré-, pseudo-, sur- (v. DUB. Dér. 1962, pp. 31-32 et J. LÜDTKE, op. cit., p. 123). Ainsi p. ex.:
auto- + subst. en -tion: autopropulsion (d'apr. DUB. Dér. 1962, pp. 31-32).
co- + subst. en -tion: v. cogestion, coproduction et aussi:
cogénération, industr., technol., néol. La cogénération récupère 12 milliards de dollars en Europe (Sc. & technol., avr. 1988, n° 3, p. 7).
dé- + subst. en -tion: v. débudgétisation, décompression, décongestion, décontraction, déglutination (d'apr. agglutination), dépopulation étymol. 2, dépossession, désinfection (de infection), désobstruction, dévaluation (d'apr. évaluation) et aussi:
déréglementation, écon. ,,Assouplissement ou suppression de règlements jugés comme entravant l'économie de marché`` (Le Monde, 11 juin 1985, p. 9).
in- + subst. en -tion: v. imprécision, indisposition, insoumission, insubordination, irréflexion.
inter- + subst. en -tion: v. intercommunication, interconnexion.
pré- + subst. en -tion: v. préfabrication, précombustion.
sur- + subst. en -tion: v. surpopulation.
— une formation par mot-valise:
prosommation (d'apr. consommation), audiovisuel. Organisation de production audiovisuelle assurée par les consommateurs eux-mêmes. La « prosommation » d'images vidéo et d'informations télématiques, c'est-à-dire la production d'images et d'informations par les consommateurs eux-mêmes, s'est concrétisée sur le plan local (Le Guide Eurêka des innovations, brevets, découvertes de l'année, Paris, P. Belfond, 1988, p. 189).
F. — Malgré son succès, -tion est concurrencé par -isme, voire par -ing (d'apr. G. MERK, op. cit., p. 211).
Prononc. et Orth.:[-] et [-] quand -tion se trouve après s (question) et x (im)mixtion []. Selon THIM. Princ. Add. 1968, pp. 29-30: ,,l'alternance des finales -sion et -tion provoque des difficultés d'écriture qui embarrassent la plupart des « scripteurs »``. D'où la nécessité ,,de définir un petit nombre de règles [avec leurs exceptions] qui limitent à l'extrême les risques de confusion``. Répartition entre -tion et -sion après voyelle ou consonne articulée (v. GAK 1976, pp. 166-168): A. Après voy.: -tion l'emporte sur -ssion (redoublement de s à l'intervocalique) sauf après e ou c'est -ssion qui est majoritaire. 1. -tion. a) -a: nation, obligation... Exception: (com)passion. b) -i: audition, condition... Exception: fission, mission (et admission, commission), scission. Autre graph.: -icion dans suspicion. c) -o: dévotion, lotion, motion (émotion), notion, potion. Pas d'exception. d) -u: exécution, révolution... Exception: concussion, (fidé)jussion, discussion, (ré)percussion. Prop. THIM. Princ. Add. 1968, p. 30: ne pas modifier jussion, concussion (-naire) qui sont des formes rares mais écrire discution, percution, répercution par analogie avec discuter, percuter et parce que ce sont les seuls mots en -ussion venus de verbes en -uter. Autre graph.: -uccion dans succion [] couramment []. e) -au: (pré)caution... 2. -ssion. -e: agression (digression...), cession (succession...), confession, profession, pression (et composés), session (obsession, possession). Mais -tion dans les dér. d'adj. en -et: (in)discrétion, réplétion (replet), sécrétion (concrétion, excrétion), sujétion. B. Après cons. articulée: -sion l'emporte sur -tion. 1. -sion. a) cons. liquides l et r: -sion est la règle: convulsion (révulsion), émulsion, pulsion (impulsion et autres composés). Autre graph.: -lcyon dans alcyon; aspersion (dispersion), excursion (incursion), immersion (émersion, submersion), torsion (contorsion et composés), version (aversion et composés). Mais pour r des exceptions qui s'expliquent par l'étymol.: désertion (du lat. deserere, supin desertum), assertion et insertion (du lat. serere, supin sertum), portion, pro- et dispro- (du lat. portio). b) -n: -sion est majoritaire, présent dans les dér. des verbes en -nder et -ndre: appréhension (appréhender), dimension, dissension, expansion (épandre), pension, propension (lat. pendere, propendere), préhension (prendre et composés compréhension, répréhension), scansion (scander), suspension (suspendre). Mais si -sion est présent dans certains dér. du verbe tendre : tension, distension, extension on a -tion dans d'autres: attention, intention, prétention et -tion dans tous les subst. verbaux formés sur les composés de tenir: abstention (s'abstenir), contention (contenir), détention (détenir), obtention (obtenir), rétention (retenir) et sur les composés de venir: convention (convenir), contravention (contrevenir), invention (inventer), intervention (intervenir), prévention (prévenir), subvention (subvenir). Avec -tion, également mention. 2. -tion. a) -p: exception (déception), absorption (résorption), exemption (préemption, rédemption), description (inscription et composés), interruption (irruption), option. b) -c: action, sanction, traduction... Autre graph. de [-]: -xion: annexion, connexion, complexion, flexion (inflexion, réflexion, génuflexion); crucifixion, transfixion; fluxion. c) -s et -x: -tion []: question, gestion, (im)mixtion. Bbg. BRUNET (É). Le Vocab. fr. de 1789 à nos jours d'après les données du TLF. Genève-Paris, 1981, pp. 430-435, 503-513. — DI-LILLO (A.). Il n'y a pas de suff. -ateur en fr., voyons! Meta. 1982, t. 27, pp. 404-420; 1983, t. 28, pp. 157-165. — DUB. Dér. 1962, p. 13, 28-34, 86, 95. — GHAZI Méd. 1985, pp. 151-162. — LÜDTKE (J.). Prädikative Nominalisierungen mit Suffixen im Frz. Tübingen, 1978, pp. 109-123, 164-167. — MERK Lat -tione 1982 [1978], pp. 17-18, 380-467, 731-805.

-tion
Élément (du lat. -tio, -tionem) qui vient d'emprunts du lat. (ex. : rotatio, rotation) ou sert à former des subst. (ex. : majorer, majoration; finir, finition).

Encyclopédie Universelle. 2012.